So british !

02/04/2016 § 3 Commentaires

Extrait du Journal @MeFaire, du 3 février 2016, où l’on s’extasie sur la prose d’un Juge britannique, si éloignée de la langue de bois de nos Procureurs fédéraux, soucieux de ne pas égratigner notre sacro-sainte neutralité, même si la communauté internationale pointe du doigt les violations répétées des Droits de l’Homme par la « Sainte » Russie.

Le 3…

… où l’on découvre avec intérêt la prose d’un juge anglais.

Est-ce une pratique courante chez les magistrats de la prude Albion ? Au contraire des habituels « attendu que », « considérant » et autres formules ampoulées dont leurs collègues du vieux continent aiment bien se gargariser, voilà un homme qui prend personnellement position sans faire de chichi.

Le « je » est utilisé sans langue de bois ni forfanterie, donnant clairement son opinion sur les documents qui lui sont présentés, sur la valeur des preuves dont il a pris connaissance et qu’il commente en livrant ses sentiments, faisant au passage référence à l’actualité, qui vient renforcer ses propres constatations.

Le sujet ? Pas simple. Il tranche en qualité de juge unique l’appel d’un citoyen russe dont la demande d’asile a été rejetée par les autorités de l’immigration du Royaume-Uni.

Et il admet l’appel pour des raisons humanitaires.

Non pas que l’intéressé soit un migrant sans le sou, mais parce qu’il doit affronter des accusations et des procédures politiquement motivées dans son pays. Personnellement, il n’a pas fait grand-chose pour être dans cette situation. Son seul tort est d’être lié à un ancien chef d’entreprise dans le collimateur du Kremlin, réfugié lui aussi, comme beaucoup d’autres, en Angleterre. Celui-ci, c’est notre client.

« Nôtre », parce que votre serviteur n’est pas seul dans cette affaire. Avec d’autres avocats, en Suisse et à l’étranger, nous tentons désespérément de démontrer à nos Procureurs fédéraux que les accusations de leurs homologues Russes et les procès qui se tiennent actuellement à Moscou ne sont que du flan ! C’est peu dire que l’accueil est mitigé. Au nom de la prétendue neutralité de la Suisse, le MPC refuse d’entrer en matière sur l’argumentation politique, histoire de ne pas froisser Ivan le Terrible. C’est vrai quoi ! Faut pas pousser, c’est dur le métier de Procureur fédéral. Le malheureux qui refuserait d’accorder l’entraide judiciaire à la Fédération de Russie, en considérant que l’on cherche à nuire à un opposant du régime, ce qu’un État de droit digne de ce nom ne peut cautionner, prendra le risque non seulement de créer un incident diplomatique, mais, en prime, il pourrait se voir priver des invitations régulières du Parquet moscovite à venir jouer les bateliers de la Volga, sous le prétexte de faire le point entre « collègues » dans les affaires dites « sensibles ». Et il suffit de lire les journaux pour se rendre compte qu’il y a plusieurs dossiers délicats en cours à l’heure où la raison d’État s’oppose à la garantie du procès équitable, sensée pourtant sacrée sous nos latitudes…

Bref, pour revenir à nos moutons britanniques, l’intérêt de cette décision, outre la clarté de sa motivation, est qu’elle expose en détails les raisons qui ont conduit les autorités des bords de la Tamise à octroyer l’asile à notre client, en raison du caractère politiquement motivé des poursuites engagées contre lui par la Sainte Mère de Russie. Et il faut reconnaître que ce brave juge n’y va pas par 4 chemins pour affirmer qu’il ne fait pour lui aucun doute que les autorités russes poursuivent ici un autre but que la Justice. Un procureur russe n’a-t-il affirmer en pleine Cour qu’il préférait voir notre client ramené mort, sans que cela suscite la moindre réaction du Tribunal ou de sa hiérarchie ! Il se permet même de faire de l’humour (anglais) en saluant le score parfait du même procureur pour son score de 100 % de réussite en matière de condamnation dans les affaires qu’il a traitées, concernant des « personnes politiquement exposées »…

Mais, pour un Parquetier helvète, apparemment cela semble tout à fait normal. Circulez, y a rien à voir…

§ 3 réponses à So british !

  • maitrefaire dit :

    Cher Me Pidji (c’est le petit nom que je vous ai donné, n’y voyez aucune offense de la part de votre serviteur),
    Je vous répondrais que je ne crois pas que les errances de nos juges, inspirées par leur cerveau reptilien, soient le seul fait du monde de la Justice. Depuis la Guerre de Troie, nous savons que les histoires de coucheries peuvent amener quelques troubles dans la Force.
    Bien à vous

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  • Me Pidji dit :

    Bon Me FAIRE

    Je vous aborde car je connais votre grande et haute sagesse. Je suis angoissé par un loi obscure et ancestrale.

    Je vous explique ma crainte. Comme beaucoup de gens, je lis la presse et j’ai vu les péripéties d’un procureur général genevois qui se serait adonné à une danse lascive ou qui –ce qui est plus grave- aurait traité une procédure dont l’un des volets est traité par sa « concubine » et l’autre par lui-même. Avant il y avait eu cette belle histoire d’amour au sein du Tribunal cantonal vaudois où l’un des juges avait une relation avec une de ses collègues juges ce qui posait des questions de récusations. Si j’ai bien compris, le juge a démissionné. Et il y aurait eu, avec toutes les réserves liées à présomption d’innocence, cette surveillante de la Prison de Dietikon (j’ai visité ladite Prison, mais j’ai vu que des mecs ?!) qui serait partie avec l’un de ses détenus, qui semble n’être ni le meilleur ni le plus beau.

    Je me suis aussi laissé raconter des histoires de coucheries qui circulent dans les tribunaux, pour savoir si ces magistrats qui, dans les causes matrimoniales, sont si généreux en conseil et ont l’air si avisé des choses, mettent en pratique leur précieux enseignement (le tarif des frais judiciaires augmente).

    Je quitte un de mes clients, un jeune délinquant. Il me dit  » on se revoit bisous « .

    Puis j’ai vu un de mes petits camarades, homme pétri de bon sens et à l’intelligence calculatrice, roi de la prolongation de délai toutes catégories, se laisser entrainer dans une aventure des plus abracadabrantes. Parfois, je me dis que je rêve.

    Je voulais donc vous demander, oh grand MAÎTRE, quelle est cette loi mystérieuse qui parasite le bon fonctionnement de notre bon système judiciaire. Comment la contrôler. Le PG local pourra-t-il endiguer ce fléau ? Me Faire interviendra-t-il ?

    Merci de vos futures lumières dont je me réjouis déjà.

    Le voisin anonyme.

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  • «L’opération menée par le service fédéral de la sécurité de la Fédération de Russie (FSB) pour tuer Alexander Litvinenko a probablement été approuvée par Nikolai Patrouchev, alors directeur du FSB, et aussi par le président Poutine», a déclaré hier matin le juge Robert Owen, en charge du dossier.

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