Ouuuupssssssssss…

11/22/2014 § 1 commentaire

L’anecdote vaut son pesant de cacahuètes. Elle est rapportée par Me PiDjii, du cabinet voisin. Elle se déroule dans le Tribunal d’arrondissement de notre bonne ville. C’est une audience où ce que les bourgeois ont coutume d’appeler une fille de mauvaise vie doit être jugée pour toutes sortes de broutilles. Le Président qui est aux commandes de cette procédure est redouté, pour sa rigidité, son respect quasi-obsessionnel des institutions et, surtout, sa détestation profonde tout grain de poussière susceptible de venir perturber la parfaite organisation de sa journée.
Me PiDjii, bien qu’il connaisse parfaitement le caractère du magistrat en question, n’hésite pas à faire son travail et à produire en audience toute la batterie de documents que son client lui a apportés la veille (comme tout bon client qui se respecte). Il en a parfaitement le droit, mais, comme prévu, le Juge pique la mouche, déclare que c’est inacceptable de devoir prendre connaissance seulement maintenant de tous ces documents, que le Tribunal ne saurait être retardé par de telles manœuvres, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.
C’est alors que le juge assesseur assis à sa droite, tente discrètement de lui tirer la manche. Le Président, énervé . Quoi ? … Il faudrait que je vous dise un mot en particulier, Monsieur le Président. Soupir, suspension d’audience prononcée. Quelques minutes d’attente, retour du Président et de son juge, à la mine penaude.
Affaire renvoyée à une date ultérieure, car le tribunal ne peut statuer dans cette composition, l’audience est levée (phrase rituelle, prononcée sur un ton sec).
PS : radio couloir étant très bien informée, nous apprenons par la bande (hertzienne, of course) que le juge en question a subitement reconnu la Dame, pour l’avoir fréquenté par le passé. Visiblement, le nom d’artiste de la courtisane devait être différent de celui figurant sur le dossier. Encore que, avec tous ces noms, forcément, on en n’oublie… Satané mémoire.
Ce que nous ne savons pas, par contre, c’est si la Miss a, de son côté, reconnu celui qu’elle n’imaginait pas croiser un jour au Tribunal.
Me PiDjii en rit encore. Il a bien raison.

§ Une réponse à Ouuuupssssssssss…

  • jmemeledetout dit :

    🙂 Bien contente que vous soyez revenu. Me suis bien amusée.

    Mais… quelque chose m’a un tout petit peu heurtée dans ce discours : « la batterie de documents que son client lui a apportés la veille (comme tout bon client qui se respecte) »

    Hormis l’accord entre la batterie et les documents HA HA

    Je connais personnellement pour très bien les connaître, car j’en suis, des clients qui apportent des centaines de pages de documents, bien en avance, que les avocats ne lisent pas et à qui il faut sans cesse rappeler et faire un vrai travail de stagiaire, de toutes ce choses qu’ils ont oubliées en route, leur mâchant le travail jour après jour, et même plusieurs fois de suite, tout en les payant Fr. 450.00 de l’heure, parce qu’ils ne tiennent pas compte de l’énoooorme travail de stagiaire que les clients font pour eux.

    Je peux même dire qu’il faut bien souvent leur fournir, rubis sur l’ongle, les règlements, lois et différentes jurisprudences.

    Avocats qui vous lâcheront 15 jours avant un recours (sic) – parce que vous aurez fait un crime de lèse-majesté en les mettant le nez dans leur caca et devant leur responsabilité, bien que là aussi, ce soit passible de demande de réduction d’honoraires, ce que les clients ne feront pas, lassés de tant de tracas pour chercher un suiveur au dernier moment, qui lui ou elle, acceptera pour autant que l’on se prosterne jusqu’à terre de reprendre le dossier, pour faire exactement la même chose, 2 ans plus tard, en obligeant le client à choisir un troisième avocat d’urgence, qui n’est absolument pas spécialisé dans le domaine et pour lequel il faudra mâcher le travail encore plus. Mais au moins celui-là l’admet tout en réduisant quelque peu ses honoraires, mais en prenant 10 x plus de temps, ce qui finalement revient au même.

    Oufff… vous avez réussi à me lire jusque là ?

    Et que le droit et la justice ne sont accessibles qu’aux nantis. Ou aux criminels qui ont droit à un avocat gratuit dans la demi-heure qui suit. Mais certainement pas à tous ceux qui en auraient besoin pour des questions de survie, de santé, de handicap, et à qui, malgré leurs revenus minimum vital, des frais de santé considérables, 61 pièces fournies, on refuse l’assistance judiciaire gratuite sous prétexte qu’ils gagnent trop…, les obligeant systématiquement dans toute contestation étatique à faire des oppositions qui seront suivies de refus, à faire des recours pour chaque chose annexe en ouvrant un nouveau dossier chez des avocats qu’ils devront payer plein pot.

    Alors, on va dire, que les bonnes personnes, d’un côté ou de l’autre, ne se rencontrent pas.

    Et que nous vivons dans ce pays, dans un espace de non-droit.

    Hélas.

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