Un train peut en cacher un autre (avec un avocat dedans!)

02/24/2016 § 1 commentaire

Extrait du Journal @MeFaire, le 24 février

… où l’on arrive au Tribunal d’arrondissement de la bonne ville de Romont en terres fribourgeoises, entre Berne et Lausanne.

Nous plaidons à 14h00 un cas d’accident de la circulation.

Attente dans la salle des pas perdus. Pas de trace de la partie adverse et de son avocat. La porte de la salle d’audience s’ouvre. C’est le Président himself qui nous accueille.

Me,  je crains que nous allons devoir attendre un peu avant de commencer…

Ah bon ? Mon Confrère se serait-il perdu ?

Mieux que ça. Il a pris le mauvais train. Le sien ne s’arrêtait pas à Romont ! A l’heure actuelle, il roule vers Lausanne. Le temps pour lui de prendre un train retour ou un taxi, revenez dans une heure…

PS : une heure et quart plus tard, l’audience débute avec la plaidoirie de mon Confrère, laquelle s’avère beaucoup plus longue que prévu. Forcément, il a bien fallu qu’il s’occupe en attendant d’arriver à bon port !

Quand le Président essaie de communiquer avec l’au-delà

02/13/2016 § 1 commentaire

Extrait du Journal @MeFaire du 12 février…

… où l’on croise le courrier d’un Président qui veut contacter l’au-delà, et sans boule de cristal s’il vous plaît !

voyanceSi, si, sans rire…

Cela se passe dans une procédure civile où le propriétaire d’une maison assigne en Justice une entreprise de construction, défendue par votre serviteur, les autorités municipales, ainsi que le propriétaire d’un terrain sur lequel des travaux d’assainissement ont été entrepris pour pallier au problème d’infiltration d’eau, parce que les fameux travaux auraient causé des fissures à son bâtiment..

Malheureusement, le 3ème défendeur, propriétaire du terrain, gravement malade, vient de décéder. Apprenant la nouvelle, l’entreprise de construction, par le canal de Bibi, informe le Président en charge de la procédure de ce décès. Information nécessaire, puisque, en cas de décès d’une partie en cours de procès, il est nécessaire de suspendre la procédure, afin de laisser le temps aux héritiers d’accepter ou non la succession et de décider s’ils participent ou non au procès.

Donc, envoi d’une requête de suspension, motivée par le décès du codéfendeur.

Ce matin, réception de la copie de la correspondance adressée par ce brave magistrat au défunt (!), pour lui demander de prendre position sur ma requête…

S’il ne répond pas dans le délai imparti, que va faire le Juge, s’adresser à un médium ?

 

Ouuuupssssssssss…

11/22/2014 § 1 commentaire

L’anecdote vaut son pesant de cacahuètes. Elle est rapportée par Me PiDjii, du cabinet voisin. Elle se déroule dans le Tribunal d’arrondissement de notre bonne ville. C’est une audience où ce que les bourgeois ont coutume d’appeler une fille de mauvaise vie doit être jugée pour toutes sortes de broutilles. Le Président qui est aux commandes de cette procédure est redouté, pour sa rigidité, son respect quasi-obsessionnel des institutions et, surtout, sa détestation profonde tout grain de poussière susceptible de venir perturber la parfaite organisation de sa journée.
Me PiDjii, bien qu’il connaisse parfaitement le caractère du magistrat en question, n’hésite pas à faire son travail et à produire en audience toute la batterie de documents que son client lui a apportés la veille (comme tout bon client qui se respecte). Il en a parfaitement le droit, mais, comme prévu, le Juge pique la mouche, déclare que c’est inacceptable de devoir prendre connaissance seulement maintenant de tous ces documents, que le Tribunal ne saurait être retardé par de telles manœuvres, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.
C’est alors que le juge assesseur assis à sa droite, tente discrètement de lui tirer la manche. Le Président, énervé . Quoi ? … Il faudrait que je vous dise un mot en particulier, Monsieur le Président. Soupir, suspension d’audience prononcée. Quelques minutes d’attente, retour du Président et de son juge, à la mine penaude.
Affaire renvoyée à une date ultérieure, car le tribunal ne peut statuer dans cette composition, l’audience est levée (phrase rituelle, prononcée sur un ton sec).
PS : radio couloir étant très bien informée, nous apprenons par la bande (hertzienne, of course) que le juge en question a subitement reconnu la Dame, pour l’avoir fréquenté par le passé. Visiblement, le nom d’artiste de la courtisane devait être différent de celui figurant sur le dossier. Encore que, avec tous ces noms, forcément, on en n’oublie… Satané mémoire.
Ce que nous ne savons pas, par contre, c’est si la Miss a, de son côté, reconnu celui qu’elle n’imaginait pas croiser un jour au Tribunal.
Me PiDjii en rit encore. Il a bien raison.

Où suis-je ?

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