Quand le Président essaie de communiquer avec l’au-delà

02/13/2016 § 1 commentaire

Extrait du Journal @MeFaire du 12 février…

… où l’on croise le courrier d’un Président qui veut contacter l’au-delà, et sans boule de cristal s’il vous plaît !

voyanceSi, si, sans rire…

Cela se passe dans une procédure civile où le propriétaire d’une maison assigne en Justice une entreprise de construction, défendue par votre serviteur, les autorités municipales, ainsi que le propriétaire d’un terrain sur lequel des travaux d’assainissement ont été entrepris pour pallier au problème d’infiltration d’eau, parce que les fameux travaux auraient causé des fissures à son bâtiment..

Malheureusement, le 3ème défendeur, propriétaire du terrain, gravement malade, vient de décéder. Apprenant la nouvelle, l’entreprise de construction, par le canal de Bibi, informe le Président en charge de la procédure de ce décès. Information nécessaire, puisque, en cas de décès d’une partie en cours de procès, il est nécessaire de suspendre la procédure, afin de laisser le temps aux héritiers d’accepter ou non la succession et de décider s’ils participent ou non au procès.

Donc, envoi d’une requête de suspension, motivée par le décès du codéfendeur.

Ce matin, réception de la copie de la correspondance adressée par ce brave magistrat au défunt (!), pour lui demander de prendre position sur ma requête…

S’il ne répond pas dans le délai imparti, que va faire le Juge, s’adresser à un médium ?

 

So british !

02/04/2016 § 3 Commentaires

Extrait du Journal @MeFaire, du 3 février 2016, où l’on s’extasie sur la prose d’un Juge britannique, si éloignée de la langue de bois de nos Procureurs fédéraux, soucieux de ne pas égratigner notre sacro-sainte neutralité, même si la communauté internationale pointe du doigt les violations répétées des Droits de l’Homme par la « Sainte » Russie.

Le 3…

… où l’on découvre avec intérêt la prose d’un juge anglais.

Est-ce une pratique courante chez les magistrats de la prude Albion ? Au contraire des habituels « attendu que », « considérant » et autres formules ampoulées dont leurs collègues du vieux continent aiment bien se gargariser, voilà un homme qui prend personnellement position sans faire de chichi.

Le « je » est utilisé sans langue de bois ni forfanterie, donnant clairement son opinion sur les documents qui lui sont présentés, sur la valeur des preuves dont il a pris connaissance et qu’il commente en livrant ses sentiments, faisant au passage référence à l’actualité, qui vient renforcer ses propres constatations.

Le sujet ? Pas simple. Il tranche en qualité de juge unique l’appel d’un citoyen russe dont la demande d’asile a été rejetée par les autorités de l’immigration du Royaume-Uni.

Et il admet l’appel pour des raisons humanitaires.

Non pas que l’intéressé soit un migrant sans le sou, mais parce qu’il doit affronter des accusations et des procédures politiquement motivées dans son pays. Personnellement, il n’a pas fait grand-chose pour être dans cette situation. Son seul tort est d’être lié à un ancien chef d’entreprise dans le collimateur du Kremlin, réfugié lui aussi, comme beaucoup d’autres, en Angleterre. Celui-ci, c’est notre client.

« Nôtre », parce que votre serviteur n’est pas seul dans cette affaire. Avec d’autres avocats, en Suisse et à l’étranger, nous tentons désespérément de démontrer à nos Procureurs fédéraux que les accusations de leurs homologues Russes et les procès qui se tiennent actuellement à Moscou ne sont que du flan ! C’est peu dire que l’accueil est mitigé. Au nom de la prétendue neutralité de la Suisse, le MPC refuse d’entrer en matière sur l’argumentation politique, histoire de ne pas froisser Ivan le Terrible. C’est vrai quoi ! Faut pas pousser, c’est dur le métier de Procureur fédéral. Le malheureux qui refuserait d’accorder l’entraide judiciaire à la Fédération de Russie, en considérant que l’on cherche à nuire à un opposant du régime, ce qu’un État de droit digne de ce nom ne peut cautionner, prendra le risque non seulement de créer un incident diplomatique, mais, en prime, il pourrait se voir priver des invitations régulières du Parquet moscovite à venir jouer les bateliers de la Volga, sous le prétexte de faire le point entre « collègues » dans les affaires dites « sensibles ». Et il suffit de lire les journaux pour se rendre compte qu’il y a plusieurs dossiers délicats en cours à l’heure où la raison d’État s’oppose à la garantie du procès équitable, sensée pourtant sacrée sous nos latitudes…

Bref, pour revenir à nos moutons britanniques, l’intérêt de cette décision, outre la clarté de sa motivation, est qu’elle expose en détails les raisons qui ont conduit les autorités des bords de la Tamise à octroyer l’asile à notre client, en raison du caractère politiquement motivé des poursuites engagées contre lui par la Sainte Mère de Russie. Et il faut reconnaître que ce brave juge n’y va pas par 4 chemins pour affirmer qu’il ne fait pour lui aucun doute que les autorités russes poursuivent ici un autre but que la Justice. Un procureur russe n’a-t-il affirmer en pleine Cour qu’il préférait voir notre client ramené mort, sans que cela suscite la moindre réaction du Tribunal ou de sa hiérarchie ! Il se permet même de faire de l’humour (anglais) en saluant le score parfait du même procureur pour son score de 100 % de réussite en matière de condamnation dans les affaires qu’il a traitées, concernant des « personnes politiquement exposées »…

Mais, pour un Parquetier helvète, apparemment cela semble tout à fait normal. Circulez, y a rien à voir…

Où suis-je ?

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