Février…

… où la neige recouvre le sol, mais pas les dossiers en souffrance depuis janvier

Le 2…

… où l’on se rend compte que d’avoir un client bipolaire et paranoïaque n’est pas de tout repos.

Par exemple, on lui adresse un courrier électronique parce qu’on a plus de nouvelles de lui depuis quelque temps, en lui demandant gentiment de confirmer que tout va bien.

Il dispose en effet d’une situation financière très aisée et est régulièrement la cible d’un groupe de personnes qui tentent d’abuser de sa faiblesse en lui soutirant de coquettes sommes. Une sorte d’alter ego masculin de Liliane Bettencourt pourrait-on dire. Donc, la vigilance est de mise.
Dans le fameux courriel, on lui demande également de prendre contact pour fixer un rendez-vous, car il s’agit maintenant de liquider une de ces sociétés, afin d’éviter de devoir supporter des frais inutiles.

La réponse tombe peu avant minuit. Je savais bien que vous étiez de connivence avec tout ce qu’ils veulent me priver de la liberté de disposer de mon argent comme je le souhaite. Votre courrier tombe exactement au moment où mon frère revient de vacances. Je sais qu’il veut contrôler mes affaires à travers vous. Vous n’arriverez pas à me mettre sous tutelle. Etc.… Etc.…

Notre ami accepte tout de même le rendez-vous, afin, dit-il, de m’apporter les preuves de ma duplicité et de sa parfaite gestion de ses affaires.
Va falloir maintenant lui expliquer, gentiment, que j’ignorais que son frère était en vacances, ce qui importe peu, et que ce courriel était juste le signe que l’on s’inquiétait pour lui. Va falloir trouver les mots.

Le 3…

… où l’on peut lire dans le canard local ce courrier d’une lectrice réclamant le rétablissement de la peine de mort pour les pédophiles. Elle n’indique pas qu’elle-même ou sa famille ont été de près ou de loin concernés par de tels actes, simplement avoir 4 petits-enfants et réagir à une peine de 6 ans d’emprisonnement, suivi d’un traitement ambulatoire ferme, prononcée par un tribunal des environs.

On n’ose imaginer l’opprobre qui frapperait le lecteur lui répondant par le même canal que, si la peine de mort n’a pas résolu le problème de la criminalité ordinaire dans les pays où elle est encore en vigueur, il est évident qu’il ne résoudrait pas celui de la pédophilie. Toute personne essayant d’apporter un peu de bon sens dans le débat concernant cette problématique épineuse se voit automatiquement attaquée et traitée d’ami des pédophiles…

Le 4…

… où une audience est renvoyée in extremis, le prévenu (et victime, pour une partie) n’étant pas en état de comparaître.

Dans une affaire plutôt glauque, où deux hommes adultes plus ou moins consentants ont revisité les classiques grecques sous l’influence de substances illicites, notre client ne se sentait plus les épaules pour affronter celui qu’il décrit comme son bourreau.

Lundi, il s’en est ouvert à son psy. Tout à fait capable d’évaluer son patient, il préfère rameuter ses collègues, fidèle à cette tendance de ne jamais se mouiller. Lundi soir, ils se réunissent en plénum pour décider s’ils peuvent rédiger un certificat médical demandant la dispense de comparution et débranchent le téléphone, histoire de ne pas être dérangé par cet avocat qui voudrait bien savoir s’il doit se préparer à plaider.

Mardi matin, silence radio, ces messieurs réfléchissent toujours. Dans la journée, on nous dit qu’un document est en cours de rédaction et ce matin, un billet laconique par fax indiquant que sur la bases des constatations, il ne semble pas indiqué que Mr X participe à une séance de Tribunal…

Surtout ne pas se mouiller, surtout…

Le 5…

… où l’on décide de harceler un Confrère qui peine à transmettre un dossier. Résultat : le dossier atterrit comme par miracle sur le desk du secrétariat.

Pendant ce temps, un mineur de 14 ans, accusé d’avoir abusé de deux de ses petits camarades de 9 et 11 ans, continue de narguer la Juge des mineurs, sous les commentaires lénifiants de ses parents. Vous savez Madame la Juge, c’est un garçon qui ne ferait pas de mal à une mouche… Ah oui, et les sms de menaces aux deux victimes ?

Il dit que c’est pas lui, nous on le croit.

Mais enfin, réveillez-vous. C’est son numéro de téléphone !

Mais il dit que c’est pas lui qui les a envoyés, qu’on lui a emprunté son téléphone…

Et vous trouvez ça crédible ?

Ben oui, il ment jamais vous savez…

A l’issue de l’audience qui le reconnaît coupable, la Juge devant encore décider de la sanction, il sort en sifflotant après avoir demandé : Je risque d’aller en prison ? Non ? (Grand sourire)… Ouaaahhhh alors tranquiiiiillle

Au-delà de l’envie de lui foutre des baffes, même si c’est lui qu’on défend, le sentiment de regarder s’éloigner Hannibal Lecter en version pré-adolescent.

Le 6…

… où l’on a le sentiment que la Convention de Genève sur les traitements inhumains et dégradants a omis de parler des hygiénistes dentaires.

On a condamné pour lésions corporelles pour beaucoup moins que ça….

Le 9…

… où l’on se rend dans la capitale pour une séance dans les locaux du Ministère public de la Confédération (MPC). Le bâtiment est construit comme une boussole, avec 4 branches indiquées à chaque étage pour les 4 points cardinaux. A quelques détails près, les étages sont tous pareils, ce qui amène nos hôtes, frais émoulus à ce poste, à se tromper d’étage et de salle.

Et voici les procureurs fédéraux, les avocats de la défense sur leurs talons, errant de couloirs en couloirs à la recherche d’une salle de réunion libre. Au passage, on croise quelques anciens Juges d’instruction et Procureurs de notre landernau judiciaire ayant rejoint le Parquet fédéral, que l’on salue bien bas.

Une escapade finalement riche en enseignements (pour notre dossier), mais qui a commencé comme une tournée des popotes….

Le 10…

… où l’on se rend compte qu’il est beaucoup plus facile de négocier par une belle journée ensoleillée que par temps grisâtre et cafouilleux.

Preuve en est la petite escapade du jour dans une cité lacustre, avec le client pour chauffeur (pas mal ces Cayenne S Turbo pour dépasser les malheureux en Citroën !), histoire de trouver un terrain d’entente soldant un contentieux vieux de 20 ans. Et on y arrive, en rabattant encore de 10% le « prix de la paix ».

Sur que s’il avait fait un temps pourri, on n’y serait pas arrivé. Mais là, tout le monde voulait aller profiter du soleil sur une terrasse au bord du lac !

Let the sunshine in…

Le 11…

… où l’on rencontre un magistrat… comment dire ?… kafkaïen.

Explications.

Un couple décide de divorcer, contacte un avocat et lui demande de rédiger une convention commune, vu qu’ils sont d’accord sur tout.

Convention rédigée, signée par les époux qui renoncent mutuellement à toute contribution d’entretien, demande envoyée au Tribunal par l’avocat.

Mr change subitement d’avis et, pour des raisons qui lui appartiennent, décide qu’il veut maintenant une pension de Mme et change d’avocat.

Mme vient nous consulter, puisque le premier avocat a dû renoncer à son mandat, puisqu’il y avait maintenant conflit d’intérêts. Il ne pouvait plus représenter Mme contre un ancien client.

Le nouvel avocat de Mme écrit au Président saisi et lui dit que Mr ne veut plus de la convention et qu’il ne s’agit plus d’un divorce sur requête commune.

Au lieu de lui demander ce qu’il veut, alors, le Président nous écrit et nous demande de nous déterminer (sur quoi ? il ne le dit pas) et de présenter nos conclusions divergentes (divergentes de quelles conclusions, puisque Mr n’en n’a pas encore prises).

Bref, nous sommes dans les choux, mais polis, on écrit au Président pour lui dire que nous ne savons pas sur quoi nous déterminer, mais en précisant que Mme est toujours d’accord avec les termes de la Convention et, si nécessaire, elle les fait valoir comme ses propres conclusions dans la procédure.

Lettre courroucée de la Présidente (zut ! je me suis trahi, c’est bien une magistrate que cette juge digne d’un roman de Kafka, mais je ne voulais pas paraître sexiste) qui s’insurge contre notre refus de nous déterminer (sur quoi, on ne sait toujours pas) et trouve inadmissible que l’on ose se référer simplement à une pièce du dossier et nous dit qu’elle n’acceptera plus une telle attitude de notre part à l’avenir…

Bon, on s’énerve ou on rigole. Allez, on rigole… Beati pauperes spiritu…

Le 12…

… où l’on passe une journée tranquille, sans particularité… jusqu’à 18h28.

Le fax s’agite. A cette heure, ce ne peut être que de la pub. Eh non…

C’est la copie de la requête d’irrecevabilité qu’un Confrère a adressé au Tribunal il y a quelques minutes. L’audience a lieu demain matin, à la première heure. Notre demande, elle, a été déposée il y a plusieurs mois. Donc, on ne peut pas dire que ce soit le dernier moment. Non, c’est bien après le dernier moment.

Irrecevable, cela veut dire que l’on s’est planté. De juge, de juridiction, bref, qu’on est une pomme et qu’il va falloir dire au client qu’il a payé pour ça…

Il n’y a rien de tel pour rendre un avocat heureux.

….

Heureusement, il y a la nuit. Et la nuit, avec petite musique en background, la machine a réfléchir  se remet en marche.

Notre génial contradicteur dit tout d’abord que c’est X, qu’il représente et que nous aurions dû attaquer, alors que nous avons assigné Y.

Boum ! Premier motif d’irrecevabilité. Sauf que notre brave alter ego a omis de nous faire suivre sa procuration, prouvant au nom de qui il agit. Etrange, faudra éclaircir cela demain.

Ensuite, ce ne serait pas la bonne action. Sauf que la lecture du Code de procédure peut s’avérer parfois utile, même de nuit. Tiens, tiens, la partie adverse aurait dû lire le second alinéa de l’article dont elle agite l’alinéa premier comme un épouvantail.

Enfin, ce ne serait pas la bonne juridiction pour traiter de ce litige. Voilà, qui est plus problématique, parce que, a priori, ce n’est pas faux. Mais, si on y réfléchit bien, ce n’est pas complètement juste non plus…

Il est 2h43…

…le 13 donc…

… un vendredi qui plus est, belle journée pour mourir auraient professé un apache avant de livrer bataille, mais là on va d’abord dormir un peu, avant d’aller au Tribunal.

L’audience commence avec un Président de fort mauvais poil. Le fameux fax, il ne l’a trouvé que ce matin sur son bureau. Forcément, 18h28, ce n’est pas une heure décente pour atteindre un fonctionnaire à son poste. Et le voilà pris au dépourvu, donc il l’a mauvaise et nous le fait savoir.

Une fois son petit laïus sur la procédure terminé, on peut enfin lui demander de voir la procuration de l’avocat adverse. Surprise, elle est libellée au nom d’Y, alors que, selon ce brave garçon, seule X aurait la qualité pour défendre. Un avocat n’est pas à l’abri d’une contradiction, mais quand même, là, c’est un peu gros…

Côté magistrat, le mouvement d’humeur est  passé. Il a aussi remis son cerveau en marche et déclare dans la foulée que son incompétence n’est pas du tout sûr, surtout après avoir pris connaissances de quelques considérations nocturnes, livrées en vrac par votre serviteur.

Et le Président de rebondir Me, vous affirmez que c’est irrecevable, alors pourquoi êtes-vous là, si c’est aussi clair ? Ce n’est qu’une audience de conciliation, vous pouviez vous abstenir…

Euh…Ma cliente est néanmoins prête à discuter, même si elle estime qu’elle est en droit de modifier unilatéralement le contrat qui lie les parties.

Ah, vous croyez ça… Moi, je n’en suis pas si sûr. Êtes-vous prêt à risquer le coup ? Et les coûts lui demande alors le Président qui, désormais, carbure à plein régime.

Bon, alors discutons, j’ai sous les yeux la proposition chiffrée des demandeurs avec les différentes variantes.

Et nous voilà au point, où hier à 18h29, tout semblait bien compromis.

90′ plus tard, procédure suspendue d’un commun accord, le temps de laisser à la défenderesse d’analyser notre proposition, de nous faire part de ses réflexions et de voir s’il y a un chemin commun.

Le 14…

… où foin de St-Valentin, c’est un dossier d’accident de circulation qui sert de fil rouge à la journée.

Une voiture dans le décor, les 4 occupants morts, des jeunes, moche, très moche….

Le 16…

… où une subite odeur âcre nous prend à la gorge en traversant le hall de l’entrée de l’Etude. Une fuite, les toilettes qui refoulent, un client pas frais (il y en a eu un l’autre jour, une heure d’entretien et pas moyen d’ouvrir la fenêtre vu le froid), étrange…

En fait, rien de tout ça, une des collab’ c’est juste cramé la frange sur sa bougie parfumée en se penchant sur son bureau.

Du coup, question existentielle, où se trouve l’extincteur ? 5′ pour le trouver, caché dans un recoin du palier.

Quand même, c’est dangereux le métier d’avocat, faut pas croire…

Le 17…

… où l’on découvre que les candidats au brevet d’avocat savent encore faire preuve d’imagination pour flatter l’ego (surdimensionné) de leur futur maître de stage.

Le courrier du jour contient une lettre de motivation où l’on vante les qualités de notre Etude, en matière de contrats, de RC et de droit de la famille (c’est gentil), les compétences du soussigné en matière d’affaires criminelles (vil flatteur, va) et termine en déclarant que l’atmosphère quasi-familiale de notre cabinet ne pourrait que permettre son épanouissement professionnel…

Mais qu’est-ce que vous croyez jeune homme, que l’on pratique le barreau en cuisinant des cookies ou en faisant du macramé entre 2 picnics au Tribunal ?

Le 18…

… où l’on découvre les vertus rassembleuses de certaines procédures.

Il s’agit d’une affaire de succession non partagée dont l’un des héritiers traîne quelques casseroles. Ces créanciers ont eu vent de sa part d’héritage, assez coquette il est vrai puisqu’elle oscille entre 1/4 et 1/2 million. Ils réclament donc la liquidation de sa part dans la communauté héréditaire.

Comme il y a largement de quoi les payer, là n’est pas le problème. Il réside plutôt dans la réunion de la fratrie. Outre la maman et le débiteur impénitent, qui est depuis longtemps représenté par le Service social et ne s’intéresse donc plus à rien, il y a les 2 frères qui ne se sont plus parlés depuis 20 ans.

Et les voilà dans la salle de conférence, assis côte à côte et sirotant un café, discutant de l’état de santé de leur maman et du temps qu’il fait, comme s’ils s’étaient quittés la veille.

Bon, c’est plutôt bon signe, vu que, pour trouver un accord avec les créanciers, il faut celui de tous les héritiers au préalable.

Tout est prêt Messieurs, on peut maintenant attaquer avec les questions bassement matérielles.

Drôle de métier quand même que celui de réconciliateur involontaire, alors que d’habitude, c’est justement l’inverse qui se produit…

Le 19…

… où l’on fait un petit aller-retour dans un très beau Palais de Justice, dominant le lac Léman. Il fait un soleil magnifique. On en oublierait presque le dossier qui nous a amené ici. Retour sur terre, mais force est de constater que le soleil éclatant rend tout le monde de bonne humeur. L’avocate adverse et la Juge en particulier. Résultat des courses, une audience menée dans la bonne humeur, un accord trouvé  sans difficulté et un retour rapide à l’extérieur où le soleil brille toujours.

Donc petite pause méritée sur une terrasse. C’est quand le printemps ?

Le 20…

… où l’on récupère difficilement de l’apéro de hier soir et la concentration s’en ressent, l’efficacité aussi…

Le 22…

… où l’on tente de rattraper vendredi avec un bon gros dossier d’assurance dans lequel un esprit taquin a mélangé toutes les pièces, sans aucune logique.

Dimanche cafouilleux pour jeux de piste sur le thème « à la recherche du fameux rapport d’expertise »…

Le 23…

… où l’on commence la semaine avec cette invitation subliminale à se faire arnaquer, en se demandant ce qui est le plus remarquable dans ce mail : sa syntaxe extravagante ou que quelqu’un sur cette planète puisse imaginer une seconde que ça va marcher.

Bonjour honorable,

Je n’ai pas un autre moyen de communiquer avec vous que de vous faire parvenir ce mail. Je suis dans le désespoir et mon coeur saigne au moment ou je vous envoie ce courrier tout en espérant que cela retiendra votre attention. Bien vrai que nous n’avons pas de contact cela m’empêche de vous faire part de mes intentions.

Merci de bien vouloir prendre mes dits en considération parce que je suis loin de plaisanter avec vous au cas ou vous penserez qu’il s’agit d’un gage ou même d’une arnaque.

Je me nomme Hélène Marie LUCCARINI, Riotton ressortissant Suisse née le
11/04/1936 à Genève, j’étais mariée à feu Romano Goffredo LUCCARINI qui a travaillé en tant que consultant des affaires d’états pendant dix Huit ans avant sa mort en 2007 survenu sur une courte maladie. Nous étions mariés pendant vingt six années et nous avons eu un seul enfant qui s’appelait Georges malheureusement il est a perdu la vie dans un accident de circulation.

Ma situation est je suis sans enfants et personnes car j’ai tout perdu encore je suis présentement sous contrôle médical depuis plus de deux mois chez moi car j’ai un cancer de la gorge en phase terminale, je souffre terriblement et mon médecin traitant m’a informer y’a quelques temps de mes jours sont comptés du fait de mon état de santé dégradante donc condamné à une mort certaine.

La raison qui me pousse a vous raconté tout ceci est la suivante;

Je voudrais procéder a une donation, c’est a dire mettre à votre disposition une somme de 720.000 euro, l’économie de toute une vie de désespoir, celle que mon époux et moi avions réussi a économisé pour notre fils.

Ses fonds en questions sont sur un compte classé/fixe et bloqué au sein d’une banque dans l’Afrique de l’ouest, pour toute opérations financières sur ces fonds il faut d’abord les débloquer, le déblocage direct de ces fonds entraînera immédiatement des taxes et les impôts exigés par le fisc risquerai de réduire le capital, c’est pourquoi sur conseil de mon notaire, j’ai décidé de procédé a une donation de façon à ce que il n’est pas de taxe élevée sur mes fonds.

Je voudrais donc de façon gracieuse et dans le souci d’aider vous léguer ce dit héritage s’élevant à une valeur de 720.000 euro, cette aujourd’hui que je pense m’être d’aucune utilité.

Ceci vous parait étrange mais il ne faut surtout pas car la véridicité de mes dits peut être vérifié au près de mon notaire, qui lui dispose de toute les documents officiels et légaux vous prouvant l’existence de ses fonds et saura répondre a toute vos questions concernant la fiabilité de cette transaction.

Mais bien avant de poursuivre je souhaiterai savoir si vous êtes intéressés a accepter cette donation, si oui merci de m’en informé aussi de me faire parvenir vos cordonnées a savoir, votre nom a l’état civile, votre adresse, votre mobile et si possible une copie de votre pièce d’identité que je transmettrais au notaire en charge de mon dossier qui lui après avoir examiner prendra contact avec vous dans un plus bref délais afin de vous mettre en diapason avec la procédure a suivre pour le bon déroulement des choses.

La Bible dit que chaque chose à son temps et il est temps pour vous de recevoir ces fonds pour les œuvres de l’éternel. Demande et tu recevras, cherche et tu trouveras, frappe et l’on t’ouvrira. Mathieu 7:7.

Je compte sur votre bonne volonté et surtout le bon usage de ces fonds.

Dans l’attente de vos nouvelles, recevez mes cordiales et fraternelles salutations.

… mon honorabilité m’empêche d’accepter l’aumône des vieilles dames souffreteuses, mais mon cœur saigne à l’idée de finir cette journée sur la paille. Caramba, encore raté.

Le 24…

… où l’on s’aperçoit que Google Maps connaît certaines limites quand il s’agit de localiser la nouvelle Salle des ventes de l’Office des poursuites, située dans une arrière-cour.

Après 15 minutes d’errance d’escaliers en portes fermées, de voies sans issue en caves mal éclairées, on parvient enfin au Saint Graal.
Question à l’huissier qui nous regarde arrivée d’un air béat : Vous ne pensez pas qu’il serait utile d’investir dans la signalétique ? Parce que vous trouver relève de l’exploit…

Non, non, Me. Inutile, cela ne nous a jamais posé de problème.

C’est cela, oui… La séance agendée à 10h30 a enfin pu commencer à… 10h50, une fois que tous les participants prévus sont soit arrivés à bon port plus par hasard que grâce à leur seul sens de l’orientation, soit ont été sauvé in extremis d’une errance sans fin par l’une des employées de l’Office partie à leur recherche…

Le 25…

… où l’on mesure tous les dangers d’une conférence téléphonique ou chacun a une idée bien précise de la situation et propose sa solution au client et aux 7 autres avocats, disséminés entre l’Helvétie et le Royaume Uni.

Le problème, c’est que, lorsque le second intervenant commence à exposer à son tour son idée sur la question, le précédent continue d’argumenter en faveur de la sienne, si bien que, à partir du quatrième participant, à la confusion est totale.

Au bout d’une demi-heure de ce petit jeu, la voix mécanique de l’opérateur déclare soudain que « X (le client) has gone », sans doute déconfit par nos savantes circonvolutions juridiques sur le droit du Procureur de la Confédération de prononcer une saisie provisoire de comptes bancaires, non à des fins de confiscation, mais de compensation de créance, et donc sur les chances de succès d’une requête de levée de séquestre.

Bon, on ne saurait décemment le blâmer de ne rien piger, ses conseils n’étant déjà pas d’accord entre eux…

D’ailleurs, une heure plus tard, nous prenons d’un commun accord la décision mûrement réfléchie de… ne rien faire pour l’instant !

Le 26…

… où quand ça veut pas, ça veut pas.

D’abord, c’est le réveil qui fait faux bond.

Ensuite, le rendez-vous de huit heures (précises hein !) arrive avec… 20 minutes de retard. Merci pour la précision.

Ensuite, quand on arrive enfin au bureau, pour préparer la rencontre de 10h30, avec de nouveaux clients, dont le dossier recèle bon nombre de chausse-trappes, et l’on arrive pas à faire le vide, par ce que : 1)le serveur fait des siennes, donc la secrétaire débarque paniquée chez Bibi pour faire quelque chose, 2) mon associé débarque dans la foulée, tout aussi agité. Il a« égaré » la réponse qui doit partir sur l’heure dans le Cloud et again Bibi of course. 3) Le client qui n’a toujours pas payé la provision assiège le central téléphonique et exige que j’écrive sur l’heure au Procureur pour gagner du temps… Bon, on arrive enfin à 10h30, presque prêt, mais pas tout à fait, pour constater que la salle de conférence est occupée, alors qu’elle est supposée être libre, mais, de toute façon, cela ne changera rien, puisque le rendez-vous de 10h30, eh bien … il est aux abonnés absents, rogntûdjuuuu.

Vers 10h50, coup de fil aux clients fantômes. Une voie étonnée déclare Ah, c’était aujourd’hui ? Non, parce que nous avions noté le 26 mars et on se disait, quand même, ça fait loin

Soupir…

Le 27…

… un client me cherche des noises et veut en même temps que je lui sauve la mise dans son procès en appel.

Les gens sont merveilleux ! D’un côté, il vous crucifie en espérant que vous aurez la bonté de faire marcher votre assurance professionnelle pour obtenir quelques sesterces auxquelles ils n’ont pas droit.

– Me, ça ne change rien pour vous, c’est votre assurance qui paiera et je vous rembourserai même la franchise !

– C’est cela, oui..Passons le côté sympathique, où je devrais admettre avoir fait une bourde, alors que c’est vous qui me demandiez d’être complice d’une escroquerie à l’assurance Non mais, vous croyez vraiment que l’assurance, c’est Pestalozzi ?

– Ah bon, ça ne marche pas comme ça ?

– Non, cher Monsieur, « ça » ne marche pas comme ça !)

De l’autre, il vous glorifie comme le pourfendeur des méchants magistrats qui veulent l’envoyer casser des cailloux à Cayenne. On se demande bien pourquoi, d’ailleurs…

Et le plus comique dans tout ça, c’est qu’ils arrivent même à trouver un soi-disant Confrère pour vous dire que vous avez tout faux et qu’il ne voit pas où il y a conflit d’intérêts entre l’action en responsabilité contre l’avocat et sa capacité à défendre la même personne dans un procès parallèle !!!

Finalement, la peur de la taule l’emporte sur l’appât du gain et cet improbable client abandonne ses prétentions farfelues.

Au final, une question légitime. Pourquoi est ce que je n’envoie pas quand même paître cette andouille, avec un coup de pied bien senti au derrière ? Le lien de confiance, base de la relation client/avocat peut être qualifié de sérieusement entamé. Par masochisme ? Sans doute un peu. C’est bien de finir ce qu’on a commencé. Ego mal placé ? Allez savoir. le procès que lui intente le Procureur et la partie civile est une vaste farce judiciaire et je me réjouis déjà de prendre un malin plaisir à l’expliquer.

Bienvenue dans le monde étrange et merveilleux des pénaleux…

 

 

 

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