Décembre…

… où en attendant Jingle Bells, il va falloir s’accrocher au traîneau et ne pas lâcher prise. Moteur, action…

Le 1er…

… où l’on apprend, à sa grande surprise, que si la secrétaire n’a pas posté le courrier il y a quelques jours, eh bien ce n’est pas de sa faute (à la secrétaire), parce qu’elle pensait qu’on avait compris qu’elle n’allait pas poster le courrier, puisqu’elle était partie sans lui. Ah oui, là, ça change tout…

… où l’on découvre ensuite dans le dossier (adressé par poste par un nouveau client qui a appelé la semaine dernière pour obtenir un rendez-vous… en janvier, parce qu’absent tout décembre), qu’il avait un délai au 30 novembre pour produire des pièces au Juge. Passons sur la clairvoyance du magistrat qui impartit des délais venant à échéance le dimanche, pour nous extasier sur le côté « inquiet » du client qui a « zappé » ce léger détail et saluons au passage le Confrère adverse (découvert aussi au passage) que j’appelle (inquiet), qui me dit avoir d’ores et déjà demandé une prolongation et être bien content que j’intervienne aux côtés de mon nouveau loustic, parce que justement, c’en est un !

Elle commence bien la semaine… y a pas à dire…

Le 2…

… où, en réponse à une demande de désistement en qualité de défenseur d’office pour cause de conflits d’intérêts (cf. Journal du 26 novembre), motif : mon associé défend la partie adverse, donc cas d’école du conflit d’intérêts, le Procureur m’envoie sa décision, acceptant mon refus, mais au motif que la relation de confiance entre le prévenu et le défenseur d’office est gravement perturbée…

Allô, non mais allô quoi, t’es Proc et tu sais pas lire ? Elle n’est pas gravement perturbée la relation, elle est juste impossible…

Le 3…

… où l’on fait un peu de mathématiques.

Démonstration : en appel, le recours de la partie adverse est rejeté. Hourrah, on a gagné. Super ! Qu’est-ce qu’on récupère pour le client ? Les dépens sont en effet mis à la charge de la partie qui a succombé.

Le Juge cantonal se livre alors à un étrange calcul. Il indique que les 8 heures indiquées dans la liste de frais pour la rédaction et les recherches juridiques de la réponse (à l’appel), c’est trop, 5 heures suffisaient amplement, d’autant que, dans la procédure d’appel, aucune question juridique nouvelle par rapport à la première instance n’a été soulevée par le recourant.

Tout d’abord, c’est faux.. Le fameux recourant a contesté la qualification du contrat d’expertise en appel, ce qu’il n’avait pas fait en première instance.

Bref, pour 5 heures de travail, au tarif légal des dépens, cela représente 1200. –.

On glisse alors vers le calcul des frais de justice. Et là, on peut lire qu’ils sont fixés (sans explication) à 3500. – par les augustes juges. Cela représente, si l’on reprend le rapport utilisé au paragraphe précédent, une quinzaine d’heures de travail. Ok, alors la décision devrait alors compter entre 20 et 25 pages, histoire d’appliquer le même ratio.
Eh bien non, l’arrêt de la seconde instance tient à peine sur 10 pages, soit 2 de plus que le mémoire de réponse.

Donc, soit les juges de seconde d’instance souffrent de sérieuses lacunes en matière de calcul, soit le respect pour le travail d’autrui ne fait pas partie de leurs bagages. C.Q.F.D.

Le 4…

… où le rdv de 14h00 est en retard, 14h20 appel téléphonique  : « Je ne trouve pas de place de parc, j’annule le rdv, de toute façon vous ne me servez à rien, alors on arrête tout… Ah une place se libère devant moi. Bon j’arrive. »

Zen….

14h35, arrivée de la cliente, tout sourire.

14h36, salle conférence,  tout sucre tout miel, oui Me, bien Me, et patati et patata.

14h54, crise de rage, zen…

15h08, crise de larmes, kleenex offerts par la maison…

15hh32, départ, après une tentative de remettre (vaguement, faut pas rêver) l’église au milieu du village.

15h38, un Oolong Bergamotte, ça calme après les clientes bipolaires

Le 5…

… où l’on apprend, par radio bar (seul vecteur officieux des potins de la justice dans une petite ville de province), que, pour la décision reçue le 3 (voir plus haut), le Juge rapporteur considère qu’il est tout à fait normal d’avoir compté 3’500 kopecks de frais de justice pour l’Etat, parce qu’il a dû lire le dossier quand même…

Donc, l’avocat doit être doté de la science infuse, puisque 5 heures, top chrono, soit 1’150 kopecks (selon le même barem) lui sont suffisants  – selon le même Juge – pour faire presque la même chose, soit répondre au recours. Enfin… à 10 heures près (voir le 3 plus haut) !

Trop fort…

Le 6…

… où le Saint Patron fait une halte bienvenue…

Le 8…

… où l’on découvre que le clivage religieux est source de confusion, puisque les catholiques font la grasse mat’, puis écoutent des chants religieux, sauf les avocats, pourtant du même bord, qui pensaient avoir une journée tranquille et la passe à répondre aux mails de leurs collègues protestants, très actifs pour un lundi de l’Immaculée Conception…

Le 9…

… où le mauvais karma informatique frappe à nouveau et où l’on doit prendre son mal en patience en regardant un écran vide, avec un sablier qui s’obstine à tourner inlassablement, au cours du 342ème redémarrage de ce fichu système supposé nous simplifier la vie et surtout nous faire gagner du temps ! Tu parles…

Le 10…

… où le cauchemar informatique s’étend et frappe à l’aveugle d’innocents PC qui ne demandent qu’à servir leurs Me. Pendant ce temps, dans le monde réel, des spécialistes ès logiciels, processeurs & Cie se renvoient la balle…

Le 11…

… ou l’on rencontre un juge soupe au lait, qui, après avoir largement expliqué aux parties son incompréhension par rapport à leur litige et leur extrême intérêt à trouver un terrain d’entente immédiatement, pour ne pas avoir à aller au jugement, s’énerve encore un peu plus quand il voit que ses efforts sont vains et décident aussi sec de fermer la procédure probatoire ! Le problème, c’est qu’il ne l’avait jamais formellement ouverte, donc elle était difficile à fermer. Et notre brave magistrat de s’énerver encore un peu plus quand votre serviteur maintient sa requête d’audition de témoins.

Maître, je vous avais connu plus pragmatique. Vous me décevez beaucoup…

Croyez bien que je n’étais pas venu dans cette intention, Monsieur le Président, vous m’en voyez désolé.

C’est peu dire qu’il n’a pas l’air convaincu…

Le 12…

… où le juge soupe au lait donne de ses nouvelles en demandant, comme il l’avait annoncé la veille, une avance de frais démesurée de CHF 2000. – pour procéder à l’audition des témoins. Par contre, pas de communication du PV de notre merveilleuse séance où la procédure probatoire se clôturait sans avoir été ouverte…

Le 15…

… où le juge soupe au lait nous envoie cette fois le fameux PV manquant…

Le 16…

… où le juge soupe au lait continu à faire parler de lui en nous envoyant cette fois la copie de la lettre qu’il adresse au CHUV pour demander à avoir accès au dossier médical du patient au centre de la procédure. À noter que, lorsque j’ai demandé la production de cette pièce, notre magistrat avait sèchement répondu que cela ne servait strictement à rien, puisque toutes les informations nécessaires étaient dans le dossier. Depuis, il a dû les chercher…

Le 17…

… où, étrangement, nous n’avons pas de nouvelles de notre juge soupe au lait au courrier du jour.

Un seul être vous manque et tout est dépeuplé…

Le 18…

… où l’on commence à percevoir les effets pervers de l’approche des Fêtes de fin d’année sur l’humeur versatile de certains clients au travers de leur subit rappelle à notre bon souvenir : Maître, voici les pièces que vous m’avez demandé cet été, elles sont regroupées dans 4 classeurs. Ce serait bien si vous pouviez écrire à la partie adverse avant la fin de l’année…

Le 19…

… où le traiteur appelle en milieu de matinée : Bon, pour votre cocktail dînatoire de ce soir, on est OK avec la nourriture, mais, vous êtes sûrs de ne pas vous être trompés dans les quantités de bière et de vin ? Ça me semble un peu beaucoup pour le nombre de personnes

Non, non, prévoyez large, certains dossiers nous ont donné très soif et quitte à passer pour des alcolos, autant faire ça dans les règles !

C’est vous qui voyez…

Le 22…

… où je reçois des trèfles à 4 feuilles séchés dans le courrier d’une cliente me retournant sa procuration signée !

Le 23…

… où l’on ferme la boutique, sans mauvaise surprise de dernière minute au courrier. Merci à tous les followers, belles Fêtes et rendez-vous en 2015.

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